Avec "Seth", Akroma propose un Black Metal symphonique progressif hurlant, puissant et agressif. Mais malheureusement agressif dans le mauvais sens du terme. Le chant de Lulu est hurlé, haut dans les aigus, quelque part entre Dani de Cradle Of Filth et King Diamond. Écorchée en profondeur, la voix déraille, et est malheureusement trop monotone... L'amplitude, le rythme, les intonations sont les mêmes sur tous les morceaux, on a l'impression que les lignes de voix ont été recopiées à l'identique sur chacun des titres. Et les passages murmurés ou chantés en voix claire (comme sur "Les taons" par exemple) n'y changeront rien.
C'est très dommage, parce qu'au point de vue instrumental, c'est plutôt bon, il y a des idées intéressantes. Derrière des riffs violents ou des solos endiablés viennent se confondre des mélodies symphoniques et autres éléments orchestraux apportant une ambiance sombre et angoissante comme on pourrait en trouver chez Cradle Of Filth ou Dimmu Borgir. L'univers dans lequel nous plonge le groupe est glauque et terrorisant.
Tout comme leur premier album "7", ce nouvel opus, "Seth" (tiens donc!) est un concept-album, traitant des dix plaies d'Egypte. Si le chiffre sept revenait de façon récurrente sur le premier album, ici il s'agit du nombre 10. Dix fléaux, dix titres, dix guitaristes pour participer au projet. En effet, les solos ont été confiés aux guitaristes de groupes tels que Resilience, Syrens Call, Carcariass, Anthropia, ...
Le chant est en français. On y traite de fléaux, de dévastations, de colères divines infligées par la main de Seth, avec des titres comme "Les Moustiques", "Les Grenouilles", ou encore "La mort des nouveaux-nés" (NDLR : Seth est une divinité guerrière de la mythologie égyptienne, capable de détruire toute forme de vie).
Bref, bilan plus que mitigé pour cet album qui pêche surtout par cette voix horripilante. De même, l'intro en grandes pompes ultra symphonique du dernier titre, "Les Ténèbres", et son dialogue théâtral en guise d'épilogue ne suffiront pas à m'accrocher, même si le concept de l'album dans sa globalité est prometteur. |