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Duckbill Crisis - Chimera's circus
Auto-production
2015
Publié le 21/08/2015, par le_renard

Découvert il y a plus d'un an déjà avec leur EP "Mister Who", le groupe Duckbill Crisis, originaire du nord de la France, propose aujourd'hui leur premier album, intitulé "Chimera's Circus".

Ayant l'objet en main, il y a deux choses qui m'ont interpelé avant même d'écouter le CD. Déjà, l'illustration de la pochette, que je trouve absolument réussie. Mélangeant adroitement la beauté du visage représenté et le côté sombre et ténébreux l'entourant, l'artiste illustre à merveille la "Reine des Chimères" (dont je vous reparlerai plus tard). La deuxième chose qui m'a frappé, c'est le nombre important de pistes sur l'album (19 au total), ce qui est assez peu commun pour ce type de musique, où le nombre de chansons dépasse rarement la douzaine. De plus, les titres donnés aux chansons sont assez étranges, en anglais et en français, formant des fragments de phrases...

Mais assez patienté ! J'insère maintenant la galette dans la platine, et écoute attentivement cet album. Et là, tout devient clair.

Premièrement, il faut savoir que "Chimera's Circus" n'est pas un album structuré de maniere classique dans lequel sont consignées les compositions du groupe... On ne peut même pas parler de concept-album, cela va bien au-delà de ça. Il s'agirait plutôt d'un récit tragique, d'une histoire macabre qui nous est contée, à nous autres auditeurs.
En effet, chaque chanson est précédée par un texte d'introduction, énoncé avec élocution par le conteur de l'histoire, qui met les formes, le vocabulaire et qui parle en rimes. Chaque chanson est donc liée à ce texte introductif pour l'illustrer. Ainsi, de fil en aiguilles, l'histoire est contée : on y parle d'un cirque un peu particulier, dirigé par Sir Loyal et cette fameuse Reine des Chimères, qui avec l'aide de leurs abominables créatures mi-animales mi-monstres, transforment et tuent les habitants du village où ils ont élu domicile. Sans vous dévoiler toute l'histoire, je peux d'ores et déjà vous dire que cette fable est captivante, on attend impatiemment le récit entre chaque morceau (agrémenté de bruitages), pour savoir comment tout cela va finir.

Un univers très particulier donc, où le mélange entre cirque (divertissement) et crimes effroyables (horreur) est intimement lié, ce qui apporte un aspect spécialement angoissant et dérangeant. L'exemple le plus frappant étant je pense le titre "Blue Babies", vous comprendrez vite pourquoi en l'écoutant.

Et niveau musical, qu'est ce que cela donne ? Duckbill Crisis définit sa musique comme du Patchwork Metal. Comprenez par là que les compositions du groupe sont construites autour d'éléments de diverses influences, allant du lyrique au Death, en passant par le Ska ("Funny Dogs" avec ses trompettes) ou le Disco ("Junkies Love Disco"). Le chant est partagé entre la voix angélique de Aurore, et les grunts de Damien (claviers). Aurore propose un chant assez exceptionnel, variant dans plusieurs registres, chant clair, chant Rock, mais aussi dans le lyrique, domaine où elle excelle particulièrement ("Sérénade").

Niveau instruments, nous sommes gâtés, avec un son de guitare qui arrache bien (parfois un peu pâteux, cela dit), des claviers pour les ambiances, et surtout une basse très présente et clairement audible. Les compositions sont variées et ne manquent pas d'intérêt, chacune présentant des particularités.

Même si je connaissais une grande majorité des titres (ceux que l'on retrouve sur l'EP), les réécouter, et surtout avec le contexte, c'est comme si je les découvrais pour la première fois.

Pour conclure, je dois dire que je suis vraiment bluffé par le travail accompli par Duckbill Crisis. Autant l'EP ne payait pas de mine, autant cet album est une petite perle ! Qui demande malgré tout une certaine ouverture d'esprit et une incontestable volonté pour rentrer dans l'univers du groupe... Mais pour peu que l'on fasse l'effort, ce "Chimera's Circus" dévoile très vite tous ses atouts. On peut juste regretter un son assez faiblard (batterie par exemple), témoin d'une production "home-made". Néanmoins, on prend du plaisir à écouter l'album, et je vous invite vivement à soutenir Duckbill Crisis, il y a du talent et un potentiel énorme.