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Dreamslave - Rest in phantasy
Indépendant
2015
Publié le 19/08/2015, par le_renard

Découvert un peu par hasard en concert lors d'une soirée du côté de Lyon, le groupe Dreamslave m'avait plutôt bluffé. Leur prestation live était assez impressionnante, et du coup, j'ai cherché à en savoir davantage et à découvrir plus en détail leur musique. Le groupe a été créé il y a quelques années, et après un premier EP sorti en 2012, Dreamslave propose cette année son tout premier album, intitulé "Rest in phantasy". C'est cet album que je vais tâcher de vous présenter.

Dreamslave propose un "Metal orchestral", selon ses propres termes. Je suppose que le groupe tient beaucoup à la dénomination de leur style musical : ils ont même été jusqu'à le faire apparaître sur la pochette de leur album, ce qui est assez peu commun pour être souligné. J'imagine donc que ça a son importance. Mais voyons de quoi il en retourne exactement.

D'entrée de jeu, l'ouverture nous plonge dans une ambiance mystérieuse et venue d'un autre temps (et d'un autre monde), à en croire les cris des corbeaux et les pas lourds d'une armée en marche. Puis les choeurs et les symphonies nous font directement penser aux ambiances hollywoodiennes et fantastiques des bandes originales de films du type "Lord of the Rings".

Allant crescendo, l'introduction amène au premier titre, "The dark crusade". Au premier abord, la musique pourrait effectivement se rapprocher d'un bon vieux Rhapsody (of Fire). Mais avec Dreamslave, on va bien au-delà de ça. La rythmique est très prononcée, jouée très rapidement, donnant une cadence infernale au morceau. Le chant d'Emma, lyrique et très aérien, est accompagné de choeurs grandiloquents, donnant une ampleur toute particulière aux lignes vocales. Au niveau instrumental, la guitare électrique et la "keytar" (clavier portatif qui se joue comme une guitare) se donnent la réplique dans un dialogue de virtuoses, entre technicité et rapidité. Une entrée en matière qui nous en met d'emblée plein la tronche !

Le titre suivant, "Masquerade", est un peu différent, dans le sens où la rythmique moderne et électro se détache de ce que l'on vient d'écouter, on se demande bien où le groupe veut nous emmener. Au chant, point de choeurs cette fois, juste la voix cristalline d'Emma, en alternance avec les growls de Cédric, dont la voix rappelle de ténébreuses et monstrueuses créatures. Les accompagnements sont constituées de superbes symphonies, enveloppant le tout à merveille. La cadence est à nouveau très soutenue, ce qui motive l'auditeur que je suis à remuer la tête comme un décérébré.

Avec le morceau suivant, "End of Innocence", on calme (un peu) la cadence, on retrouve un peu plus un côté mélodico-dramatique nightwishien, avec le piano accompagnant. Le chant, lyrique, est envoûtant, on apprécie les hautes envolées dans les aigus, parfaitement maîtrisées. Dreamslave n'est pas avare en passages instrumentaux, comme en témoigne les soli de guitare ou les passages mélodiques.

Puis vient l'interlude, "Voices of the depths". Et là pour le coup, on retombe plutôt dans l'ambiance musique de film du début d'album, avec les murmures et les mélodies symphoniques, qui amènent à "Torments", un morceau d'apparence plus modéré en terme de rythmique. Mais d'apparence seulement, car on s'aperçoit vite que les mélodies sont jouées rapidement, et toujours avec habileté.

L'album se poursuit ainsi, les titres s'enchaînant au gré des mélodies et des ambiances. Typiquement, sur "Wishes of revenge", la musique orientale apporte un côté tout à fait dépaysant et exotique. "Angel requiem" est une adaptation du "Requiem" de Mozart (en duo avec Najib Maftah), et est une véritable prouesse vocale ! Le chant masculin / féminin s'accorde à merveille, les vocalises dans les aigus me fait hérisser les poils ! On apprécie tout particulièrement la performance d'Emma sur ce titre.

De nouveau, changement d'ambiance avec "Pirate's Anthem", où l'on entend le bruit de la mer et d'un bateau qui craque, accompagné du chant des flibustiers. Avec le synthé imitant l'accordéon ou la flûte, ce titre est assez festif, aventureux, et rappelle brièvement des groupes comme Alestorm.

Pour résumer, Dreamslave propose un album de Métal Sympho de très bonne facture, très mélodique, avec des choeurs, et un chant féminin lyrique dans lequel se mêlent des grunts bestiaux. Cette multitude d'influences, gothique, classique, celtique, orientale ou même électro (comme sur "Doomsday" par exemple) peut parfois déstabiliser, mais au final on s'y fait très vite. L'ensemble est très bien réalisé, on admire la dextérité des musiciens à jouer rapidement, une véritable démonstration de talent !

La France regorge de talents cachés, Dreamslave en fait partie, et il serait vraiment dommage de les manquer. Je vous invite par conséquent à vous pencher de près sur le travail du groupe, les amateurs de Nightwish ou Rhapsody of Fire devraient y trouver leur compte.